Dans son atelier de Mandeville, Michel Boire sculpte ses émotions. Sous formes d’oiseaux. Pas étonnant pour un homme aussi épris de liberté, pensez-vous? Attention ! Il ne faut pas toujours y voir…ce que l’on voit !
« Je ne fais jamais d’oiseaux, dit-il. Nous sommes tous de drôles de moineaux, alors je sculpte des amoureux, des téteux, des tendres, des parents, des comiques, des enfants, des familles… Au fond, quand on y regarde de plus près, mes sculptures ne ressemblent jamais à aucun oiseau ! Je suis un sculpteur d’émotions ! »
Dans les années 70, Michel Boire était potier. « C’était l’époque du macramé power, lance-t-il amusé. » Après la poterie, l’artisan s’est plongé dans la rénovation. Ça a duré 30 ans. Trente ans à sculpter des espaces avant de « virer sa vie d’bord » en 2005 et se mettre à sculpter ses émotions en s’inspirant du monde. « Si je sculpte un avocat, on le sentira dans l’attitude de l’oeuvre. Quand je fais des amoureux, ça paraît. J’ai même mis deux ans à développer une ligne ‘’tendresse’’… »
« Je ne fais jamais d’oiseaux, dit-il. Nous sommes tous de drôles de moineaux, alors je sculpte des amoureux, des téteux, des tendres, des parents, des comiques, des enfants, des familles… Au fond, quand on y regarde de plus près, mes sculptures ne ressemblent jamais à aucun oiseau ! Je suis un sculpteur d’émotions ! »
LES YEUX DU COEUR
Au Salon des Métiers d’art, où il a récemment passé 22 jours, il a remarqué que les gens qui achètent ses œuvres d’art pour offrir en cadeaux choisissent souvent des pièces qui leur ressemblent… « L’art, c’est un coup de foudre, dit-il, mais c’est souvent l’art qui te choisit. Et quand l’art est abstrait, il est vu avec le cœur… » Il arrive que des gens lui donnent des photos d’eux pour lui inspirer une sculpture. « Un homme m’a déjà envoyé son propre bois, provenant d’arbres qu’il avait plantés quand ses enfants sont venus au monde. Il voulait que je lui fasse des sculptures pour ses enfants… »
Michel Boire, lui, prend du bois de chauffage, « du vrai bon bois de chez nous » pour travailler. « Je vais choisir mes bûches lorsqu’elles sont coupées à l’hiver, dit-il, puis je les laisse sécher deux ans. » Lorsqu’un « oiseau » prend forme, l’artiste conserve l’écorce de la bûche sculptée, comme un coffret, comme un écrin qui protègerait l’œuvre, en quelque sorte. « Pour moi, ça rappelle que nous ne sommes pas tous nés dans un château et qu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait… » Les périodes de doutes font partie de son métier, de sa vie : « Le doute, il est là tout le temps, mais il te permet de créer. Il te fait aussi avancer. »
PAS DE DEMI-MESURE!
« J’ai un côté un peu rustre, dans mon apparence, lance Michel Boire. Mais j’ai aussi un côté ‘’fille’’ très développé… » Avant d’ajouter dans un bel éclat de rire : « Et un tempérament de feu ! » C’est connu : il dit ce qu’il pense, sans enrobage. Pas de filtre ! « Je suis un iceberg qui a connu le Titanic. Je fonds quand on me caresse, mais attention à qui ose me heurter ! » Les nuances, vous les trouverez dans ses sculptures.
Michel Boire veut prendre le temps de s’inspirer et songe à travailler d’autres matières. « Je suis paresseux, mais un ingénieux, dit-il. Le plus beau de l’affaire, c’est que le paresseux, il a le temps de penser et d’observer. Là, j’ai 58 ans, je suis grand-père et le temps passe vite. Je veux être un artiste qui bouge. Je veux aller plus loin. »
Il faut lui faire confiance…
pour info: www.michelboirepq.com


